Affichage des articles dont le libellé est Petites actus du sexisme ordinaire.... Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Petites actus du sexisme ordinaire.... Afficher tous les articles

vendredi 24 mai 2013

Les Galeries remettent le couvert.



Galerie Lafayette, Paris, jeudi 23 mai 2013. Boulevard Haussmann, des manifestants brandissent des pancartes. Ce que tous dénoncent? Les animations prévues du 21 au 25 mai au Galeries Lafayette du boulevard Haussmann, pour célébrer l'ouverture d'un nouveau rayon lingerie. 

(image facebook, jeudi 23 mai 2013, devant les Galeries boulevard Haussmann)

Sous le concept "Glam et Sexy", les Galeries organisaient une grande foire sexistes. En effets les animations, annoncées en CE dix jours plutôt d'après les syndicats, rapporte France 3 Île de France, devaient mettre en scène de vrais mannequins « dénudées, portant la signalétique du magasin tatouée sur le corps, postées aux portes d’entrée et aux abords des escalators ». D'autres encore étaient prévues, comme ces « fausses clientes» qui devaient « tomber leur manteau pour continuer leurs achats en string et en soutien-gorge », selon les manifestants présents sur place ce jeudi. 

Ces méthodes publicitaires, avilissantes pour les femmes, ont été dénoncées par différents syndicats du grand magasin. La CFDT, CGR et FO, ont réussi à interpeller à temps différentes associations féministes. 

Quelques associations ont répondu à l'appel et ont inviter sur twitter à venir manifester devant le magasin, afin de stopper les animations. Osez le Féminisme, les efFRONTé-e-s et Femmes solidaires notamment étaient sur place afin de dénoncer cette « marchandisation du corps de la femme ». Julie Muret, porte-parole d'Osez le féminisme, d'ajouter qu'il est "inacceptable d'organiser ce type d'animations qui perpétuent une image dégradante des femmes".

La secrétaire générale CGT des Galeries Lafayette, Céline Carlen, dans une interview accordée à Politis, parle du malaise au sein du personnel et du  « choc de quelques employées qui, bien que peu sensibles à la cause féministe, trouvaient que ça allait trop loin »
Le rassemblement a eu l'effet escompté, les mise en scène annoncée, ont été démentis par la direction, et aucunes déambulations de mannequins nues n'a eu lieu.


Ce n'est par ailleurs par la première fois que les Galeries surf sur cette mode dégradante du "porno chic". En 1999 le même magasin se servait de vraies femmes, pour mettre en avant une collection de lingerie Chantal Thomass. Les mannequins étaient alors exposées en vitrines, le magasins jouant des codes de la prostitution et "transformant les passant en voyeurs malgré eux" (Ségolène Royal alors ministre délégué à l'enseignement scolaire dans une interview du journal Le Parisien, 21/04/1999). Pour le groupe MIX-CITE, (mouvement mixte de jeunes militants pour l’égalité des sexes), il s'agissait alors " de dire si l’on est pour ou contre la femme-objet." 

Une demi victoire déjà l'époque, les Galeries retiraient les mannequins des vitrines 3 jours après le début de l'opération pour les faire défiler ... à l'intérieur du magasin! 

mardi 21 mai 2013

Merida rebelle... pour toujours.



Merida, l'héroine disney du film Rebelle, sorti en 2012 a de nouveau fait parler d'elle ces derniers jours.


De nouveau? Oui car déjà lors de la sortie du film, Merida avait déjà fait couler beaucoup d'encre. En effet cette jeune princesse détonnait aux côtés de ses ainées Aurore, Cendrillon, Belle ou Ariel.



Pourquoi? Tout d'abord physiquement : c'est une rousse à la crinière fournie et frisée. Même si comme on l'apprenait par ailleurs (Slate), cela relevait plus d'un défi technique que d'une révolution de la part de Disney/Pixar, de mettre en avant une princesse un peu... différente, le ton était néanmoins donné: Merida serait bel et bien différente! Merida, première héroïne de Pixar, c'est surtout une princesse qui chamboule les codes du genre des dessins/films d'animations. Têtue, agile, intrépide et libre, elle a un caractère bien trempé et défie l'ordre établi : c'est bien l'une des rares héroïnes à ne pas finir mariées à un prince avant le générique de fin. Oui, Merida veut être libre et vivre sa vie comme elle l'entend, même si cela lui fait ressembler à ce que l'on "attend" d'un garçon. Et hop, un grand coup de pied dans les stéréotypes sexuels. Pour ça on dit merci (pour une fois) à Disney et Pixar.




La représentation graphique de Merida témoignait, elle aussi d'une volonté de faire correspondre le physique de ce personnage à ses traits de caractères. Logique me direz-vous. Merida ne peut pas vouloir : courir libre, sauter aux arbres, tirer à l'arc, monter à cheval et en même temps mettre en avant sa poitrine et sa taille fine dans un corset ajusté. 

C'est pourtant ce que Disney à tenter de faire...  

Le 11 mai dernier, date d'intronisation de Merida comme l'officielle "11ème princesse" de Disney, ceux-ci ont jugé bon de la relooker, en mettant en avant de nouveau visuels du personnage sur le site officiel.

Maquillage, épaules dégagées, lèvres épaissies, décolleté plus profond, taille affinée, son arc (que l'on voyait pour ainsi dire sur tous les visuels officiels du personnage) à disparu et sa robe sans fioritures se voit paraitre de broderies dorées. Disney va même plus loin en donnant des postures à ce personnage, qui pourrait être qualifiées d'attitudes de séduction.

Il est bien loin le temps du personnage non sexualisé...



Heureusement, les internautes s'en sont mêlés. Une pétition a été lancée (aux Etats Unis, mais accessible partout) sur le site change.org pour protester contre ces nouveaux visuels. 


« Le relooking de Merida en prévision de son intronisation au sein de la collection Disney princesses porte préjudice à des millions d’enfants pour qui elle était un exemple d’émancipation. Elle incitait les petites filles à être des actrices du changement plutôt que des trophées à admirer. De plus, en la rendant plus mince, plus sexy et plus âgée, vous envoyez le message suivant : la version originale de Merida, plus jeune et réaliste, est inférieure à la  nouvelle. Pour que les femmes et les jeunes filles aient une valeur (qu’elles soient reconnues en tant que vraies princesses), elles doivent se conformer à une définition étroite de la beauté. »


Depuis le site a récolté à ce jour plus de 220 000 signatures et Merida s'est vu retirer sa couronne... En effet l'intronisation comme 11ème princesse était pour Disney, une façon de faire rentrer Merida sur la liste des personnages importants de l'entreprise, et de l'utiliser pour des campagnes marketing spécifiques. 

Si les visuels sources de polémiques n'apparaissent plus sur le site officiel des "Princesses Disney", le personnage a lui, complètement disparu...



Ne peut-on donc pas vendre sans être un personnage hautement sexualisé? 






mercredi 15 mai 2013

Barbie visite Berlin.




Comme si l'existence d'une poupée de 29 cm, aux proportions outrageusement hors norme, ne suffisait pas à repousser le féminisme toujours plus loin. Voilà que certains EMS Entertainment a eu la bonne idée de re-créer "pour de vrai" la maison de Barbie. Non vous ne rêvez-pas (malheureusement). L'entreprise, organisatrice de l’événement, proposera a qui le veut de vivre la "Dreamhouse Experience" au sein d'une maison de 2500m2, décorée pour l'occasion et ce, en plein centre de Berlin. La maison ouvre demain, jeudi 16 mai et ce jusqu'au 25 Août 2013. 

L'idée? La maison de la célèbre poupée reconstituée à échelle humaine.
Peintures roses et paillettes comprises. 
Tel un mini parc d'attraction, les visiteurs pourront, pour une vingtaine d'euros, vivre la vie de Barbie pendant une journée. C'est à dire? Se projeter en tant que Pop-Star ou mannequin (les métiers de Barbie). 

Tandis que pour Christopher Rahofer, qui a obtenu de la part de Mattel la licence pour ce projet, il s'agit "seulement de s'amuser", pendant ce temps, plusieurs membres du mouvement jeunesse du parti politique allemand "die Linke", s'insurgent et jugent le projet sexiste et symbole de la misogynie ordinaire. 

Du côté des féministes Berlinois, ont dénonce également. Franziska Sedlak, dans le journal "die Tageszeitung" accuse ce projet de véhiculer une image faussée de la beauté, totalement irréaliste: "l'unique travail d'une femme est d'être belle, de porter des talons hauts et de toujours avoir un gâteau au four". Elle évoque la Dreamhouse comme un "symbole de l'oppression de la femme".

Une page Facebook (occupybarbiedreamhouse) a été crée pour l'occasion pour dénoncer cet événement par des militants féministes et des membres du parti d'extrême-gauche "Die Linksjugend". 

Et si vous n'avez pas froid aux yeux, vous pouvez toujours faire un tour sur le site officiel (ou hurler devant la video "Life in the Dreamhouse")





Mise à Jour du 19 mai 2013 : Finalement ce sont des activistes FEMEN qui ont frappé un grand coup, en manifestant jeudi, jour de l'ouverture de la "Dreamhouse Experience", devant les locaux, contre l'ouverture de ceux-ci.

Elles ont mis en avant le fait que Barbie était le symbole même de la femme objet. 

"Nous protestons parce que Barbie ne pourrait pas survivre avec une telle physionomie. Elle est devenue un modèle pour de nombreuses fillettes et cela n'est pas sain. (...) On insiste trop sur le fait d'être toujours plus belle et cela met une pression affreuse sur les filles. Du coup, elles gâchent les capacités dont elles disposent pour être heureuses ou pour réussir à l'école", a dit l'une des manifestantes. (Sources)